
Il y a eu "le clair de lune à Maubeuge" cher à Bourvil, il y a désormais "la lune éclaboussée" de Carine-Laure.
Maubeuge est, on l'a compris tout de suite, le lieu où se déroulent les événements de ce récit. Maubeuge, une ville frontalière, située à une vingtaine de kilomètres de Mons, que Carine-Laure a l'air de bien connaitre et qu'elle décrit parfaitement, faisant même une incursion dans le zoo et promenant les lecteurs dans les rues de la ville.
Des meurtres ont lieu à Maubeuge, tous après 17 heures, sans lien apparent entre eux. Au fur et à mesure que se déroule l'histoire, des liens apparaissent évidemment et tout s'enchaine.
Les personnages qui sont nés dans la tête de l'auteure sont très typés. Il y a d'abord l'héroïne, Jenny, professeure de sciences, en attente d'un emploi. Ses moments de liberté, elle les occupe à lire et aussi à écrire. Elle rêve d'écrire un best-seller et l'occasion lui sera donnée grâce à ces meurtres qui ont lieu dans sa ville.
Jenny est folle amoureuse de Michel Garnier, un écrivain, mort d'une crise cardiaque. Une crise cardiaque peut être provoquée, non? C'est ce que pense l'héroïne quand elle découvre, dans un livre de l'écrivain, un ticket de caisse sur lequel il a écrit : "Ma vie est en danger. On veut ma mort. Tout mon sang est d'encre."
Cette phrase va obséder l'héroïne en mal d'aventures qui n'aura de cesse de découvrir la vérité. Le lecteur aussi d'ailleurs !
Autour de Jenny gravite tout un tas de personnages secondaires qui auront quand même un rôle à jouer dans l'intrigue : Tonton et Tontaine, ses protecteurs depuis la mort de ses parents, la fameuse cousine Xavière, la commissaire guine qui a quelque chose à cacher, Olivier, le fils de l'auteur à succès qui n'est pas net du tout, ainsi que sa copine Evelyne, prête à tout pour de l'argent. Puis on trouve aussi le petit ami de Jenny, un infirmier modèle, une cartomancienne qui officie sous un faux nom et une voisine un peu curieuse...
Les chapitres sont courts, ce qui donne un rythme au récit qu'on a dû mal à quitter tant le lecteur se pose de questions !
Bravo, Carine-Laure, pour ce premier policier qui en appelle un autre. Mais on sait que cette boulimique de l'écriture a plus d'un tour dans son sac. Une auteure à surveiller de près.