Je remercie, tout d'abord, les éditions M.E.O pour ce nouveau partenariat.
La 4e de couverture l'annonce "A sa manière inimitable, Carino Bucciarelli revisite le réalisme fantastique...". Mais c'est quoi du réalisme fantastique? Deux mots qui, pour moi, s'opposent.
J'ai lu ce livre très vite tant j'étais impatient de lire la suite et de comprendre ce qu'il s'est réellement passé. Et, finalement, arrivé au bout des 150 pages, mon cerveau se trouve enfermé dans une brume dont il n'arrive pas à s'extirper.
Tout d'abord, plusieurs narrateurs prennent la parole et on ne sait pas toujours qui ils sont. Puis, ils ont tous soit le même patronyme soit le même prénom. Impossible de savoir qui est qui... Attendez, vous allez comprendre...
Monsieur Delatour (est-ce Pierre ou Stéphane?) heurte une pierre sur l'autoroute. Pour appeler les secours, il brave le froid de l'hiver et part à la recherche du borne qui lui permettra de téléphoner. Une corneille le suit, semble même le surveiller. Sur la route, il découvre un cadavre mais ne s'en retourne pas !
Il appelle les secours et revient à sa voiture dans laquelle il a laissé sa femme, Olga, et ses enfants. Oui, mais voilà, plus de famille et plus de voiture !
M. Delatour se rend au commissariat le plus proche afin de signaler la disparition de sa famille. Le policier se renseigne sur l'homme qui lui fait face : celui-ci n'est pas marié, n'a pas d'enfants, même pas de voiture ni de permis, et même pas de boulot !
Pas mal, hein, comme entrée en matière? Le lecteur s'accroche au récit.
Mais ensuite, c'est la désillusion, un embrouillamini pas possible ! Impossible de savoir de combien de personnages se compose ce récit ! Qui est cet homme sur l'autoroute? Est-ce le même que celui qui a tué sa femme? le même qui est chef d'entreprise? Et qui cette Olga multiple? La morte? La femme de cet homme? La commissaire? Un témoin de l'incident sur l'autoroute? Un peu tout à la fois sans doute !
Bon, c'est du fantastique, mais les questions doivent-elles rester sans réponse pour autant?
Et ces oiseaux omniprésents, qu'ont-ils à faire dans l'histoire finalement?
Un livre qui m'a tourneboulé, que j'ai aimé lire, mais qui me laisse dubitatif.
Réponse de l'éditeur sur le réalisme fantastique :
Le réalisme fantastique ? Voir certains films d’André Delvaux, comme "Un soir un train", de Bertrand Blier, de David Lynch.
Chaque scène est cohérente en elle-même, mais leur succession ne permet pas de reconstituer un récit cohérent. Ce qui donne une ouverture vers d’autres niveaux de perception.