Si vous êtes revenus, c'est que la balade vous intéresse. Alors, continuons la visite et attardons-nous sur plusieurs tombes particulières.
Je vous disais que c'était bien dommage que certaines d'entre elles soient laissées à l'abandon. C'est le cas de celle-ci.

Il s'agit de la tombe de Charles Plisnier. C'est un poète belge qui s'est longuement exprimé sur la Wallonie. Il est le premier lauréat belge du prix Goncourt avec "Faux passeports".
"Pendant neuf mois, les feuilles cessèrent de respirer. Les bêtes, de geindre. Alors vinrent les neiges et elles étaient bleues.
Monelle, celle qui était morte et pensait le long des vitrages, disait que le génie, cette année-là, soufflait sous les portes.
Un matin, le moulin du meunier aveugle se remit à tourner. Et l’on sut qu’il tournait sans blé, sans brise, seulement pour écarter les nuées."
Extrait de "L'enfant aux stigmates".
Mons oublie ses grands hommes!
Un médaillon rappelle que Léon Losseau repose dans ce cimetière. Léon Losseau est un homme d'affaires, un mécène généreux, un bibliophile averti qui abrita sa collection d'ouvrages dans un hôtel de la rue de Nimy, la première maison à avoir été éclairée grâce à l'électricité. Il fonda "La maison Losseau", centre d'études et de développement intellectuel et artistique.

Tout à coup, lors de ma balade, mon regard s'est arrêté sur un ange. Il semble être là depuis une éternité et réfléchir à la vie terrestre.

Et puis après, voici un ange,
Un ange en blanc, un ange en bleu,
Avec sa bouche et ses deux yeux,
Et puis après voici un ange,
Avec sa longue robe à manches,
Son réseau d’or pour ses cheveux,
Et ses ailes pliées en deux,
Et puis ainsi voici un ange,
Et puis aussi étant dimanche,
Voici d’abord que doucement
Il marche dans le ciel en long
Et puis aussi étant dimanche,
Voici qu’avec ses mains il prie
Pour les enfants dans les prairies,
Et qu’avec ses yeux il regarde
Ceux de plus près qu’il faut qu’il garde ;
Et tout alors étant en paix
Chez les hommes et dans la vie,
Au monde ainsi de son souhait,
Voici qu’avec sa bouche il rit.
Max Elskamp
Voici maintenant des tombes qui ne passent pas inaperçues!

Quelle sérénité se dégage de cette statue qui m'a beaucoup plu!

Et cette dame, ne porte-t-elle pas toute la souffrance du monde sur son dos?

Je m'aperçois que j'ai vraiment beaucoup mitraillé et que je n'aurai pas le temps de vous montrer toutes mes photos aujourd'hui. Bon, ben, vous n'avez plus qu'à revenir dans quelques jours, le temps que je vous prépare un dernier article. Vous serez là?
La plus triste des morts, c'est la mort de la jeunesse. (Jules Janin)