• Tout d'abord, je remercie Carole Bloch pour l'envoi de son roman "Emmuré" que j'ai découvert sur le site "Simplement". 

    Emmuré Ebook au format ePub - Carole Bloch

    Ce livre n'est pas vraiment un roman, ce n'est pas non plus tout à fait une autobiographie, ce n'est pas non plus un livre de développement personnel même si l'auteure est psychothérapeute et coach parental, mais c'est un peu de tout ça. 

    La crise sanitaire que nous connaissons et le confinement qui en a découlé ont été comme un déclic dans la vie de Carole Bloch. Elle s'est inscrite à un atelier d'écriture et, lors d'un exercice, s'est mise à rédiger l'histoire de sa famille. Un moyen pour elle de rompre le Silence (l'auteure met une majuscule à ce mot intentionnellement) qui la gêne depuis de nombreuses années. 

    Carole n'a pas su s'accomplir. Des événements extérieurs à elle-même, mais qui ont concerné des membres de sa famille - sa grand-mère, son père - l'ont profondément perturbée. 

    Un jour, elle découvre le journal intime de sa grand-mère et c'est la révélation. Elle vient d'une famille juive et comprend soudain toutes les douleurs qui ont forgé ses membres dont son père. Celui-ci a été peu présent; il n'a jamais su nouer de véritables liens avec ses enfants. Grâce au journal de l'aïeule, tout s'explique. 

    Carole va alors enquêter, partir sur les traces de ses grands-parents, de son père, des personnes qui l'ont connu, qui faisait partie, comme lui des "enfants cachés" pendant la guerre. Son père n'en a jamais parlé, mais il a toujours gardé sur lui une certaine étoile jaune. 

    On dit qu'on peut être influencé par la vie de nos aïeux, de ce qu'ils ont vécu, sans rien en savoir. C'est certainement ce qui est arrivé à Carole qui démêle l'écheveau de sa vie avec soin et jette un regard plein de tendresse sur les personnes qui l'ont précédée sur le chemin de sa vie.  

    Un livre touchant, intéressant, qui éclaire sur la shoah notamment, la place de la femme trompée, les blessures cachées, les secrets profondément enfouis, les non-dits,..

    Un livre que je recommande. 

    Petit bémol : pas mal de fautes d'orthographe ponctuent le récit et ça a toujours le don de m'énerver. 


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  • Jean-Philippe Lux vit dans le pays des collines : région naturelle située entre la Dendre et l'Escaut, caractérisée par son aspect vallonné. 

    Dans la vie de tous les jours, il est papa de deux garçons et est développeur. Je ne sais absolument pas ce qu'est ce métier. 

    Il a publié son premier roman "Coeur et âme" en 2018. Auteur prolifique, il écrit beaucoup et dans des genres différents. 

    "Sauvetage vers l'enfer" appartient au genre polar, c'est pourquoi j'ai choisi ce livre pour découvrir l'auteur.

    Sauvetage vers l'enfer par Lux

    Charlotte, une petite fille secourt un petit chien perdu et, avec ses parents, le ramène chez lui. Elle sera alors le témoin d'un meurtre. Cette fois, c'est elle qui est en danger car elle a mis les pieds dans un réseau organisé dont rien n'arrête les membres même pas le meurtre d'une petite fille. 

    Medusa, une mystérieuse femme, travaille pour le cartel et, elle non plus, rien ne l'arrête. 

    C'est l'inspecteur Romain Bleno qui est chargé de l'enquête. Il vient tout juste de tomber amoureux d'une jeune femme rencontrée dans un avion. 

    J'ai eu beaucoup de mal au début du livre : il y a beaucoup de personnages et j'ai eu parfois des difficultés à m'y retrouver. Je me suis aussi souvent demandé où l'auteur voulait emmener ses lecteurs en nous parlant de personnages qui n'ont l'air de n'avoir aucun lien avec l'enquête. Il a fallu que je termine le livre pour que les pièces du puzzle se mettent en place et ça m'a demandé quelques minutes de réflexion. 

    On peut dire que Jean-Philippe Lux balade bien ses lecteurs ! 

    Un auteur à découvrir. 


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  • Merci aux éditions du Basson pour ce premier partenariat. 

    Des Bulles dans la tête - Petites histoires... - Marcel Vandriessche -  Livres - Furet du Nord

    Ce livre est une réédition (l'auteur est mort il y a une dizaine d'années). 

    Marcel Vandriessche m'était totalement inconnu. Comme ce livre est une autobiographie, je connais bien, maintenant, cet auteur carolo (né à Charleroi  en 1926).

    C'est donc dans le Charleroi des années trente, cette capitale du Pays Noir, au temps des souffleurs de verre (métier de son père) que l'auteur va asseoir son roman. 

    C'est l'histoire d'un petit garçon pauvre, moqué parfois, qui avec courage va affronter et surmonter les embûches de la vie. 

    C'est l'histoire d'un  écolier, pauvrement habillé, qui a son intelligence pour tout bagage et qui va, petit à petit, se hisser dans le rang des meilleurs élèves. C'est l'histoire de sa scolarité, des professeurs bons ou mauvais qu'il va rencontrer. 

    C'est l'histoire d'une guerre, bien sûr, la deuxième, celle que son père qui avait connu la première, redoutait tant, de l'arrivée des Allemands à Charleroi, des "enfants tués pour la patrie". 

    C'est surtout l'histoire d'un grand écrivain méconnu - si j'en juge par son écriture - , amoureux des mots et de la poésie. 

    Si les biographies ne m'intéressent pas plus que ça (surtout si elles parlent de gens que je ne connais pas), je n'ai pu qu'être charmé par l'écriture de l'auteur : un style parfait dans lequel la poésie se boit à chaque ligne. 

    Je peux ouvrir le livre à n'importe quelle page et y découvrir des mots qui chantent. 

    Un exemple? J'ouvre le livre tout à fait au hasard...

    "Au loin, la mer des blés fabriquait sans se lasser des vagues où voltigeaient des nuées de papillons." p72

    ou encore...

    "Des senteurs douces de café chaud montaient en volutes de la cuisine." p108

    ou bien...

    "J'entasse un peu de neige au coin de mes souvenirs. L'amour, alors l'amour est mon sapin d'étoiles. Mes blessures y font des lampes allumées. Et mes larmes enfin sous vos feux de Bengale sont une fête d'eau contre ma joue fanée."

    Je terminerai ce billet avec deux passages qui m'ont particulièrement marqué.

    Le premier extrait parle d'un cimetière et de la guerre : 

    "Il n'y a plus aujourd'hui que des croix rongées par la mousse, des croix qui sortent de l'herbe comme des fleurs de granit sous le parapluie vert des marronniers. Il n'y a plus rien, que du vent dans les roses et de la cendre rouge qui crisse sous les pas. La guerre fut plus qu'un mauvais rêve, ce fut un cauchemar, un long tunnel noir de désespérance. Et pourtant, quand j'y pense à présent, il m'arrive de regretter ces jours abominables. J'en suis gêné. Seulement, le clan était alors au complet, solide et soudé dans toutes ses pièces."

    Le deuxième extrait parle de la mort de sa mère : 

    "Pourquoi faut-il que les mamans s'en aillent? A quoi cela sert-il de donner, durant toute une vie, des morceaux de soi-même, à quoi cela sert-il de se faire tant aimer si c'est pour susciter tant de peine, en fin de compte? Tant de nuits passées à ne pas dormir, tant d'angoisses parce que l'enfant a seulement un peu de fièvre, parce qu'il ne trouve pas sa voie, parce qu'il a subi une griffure de la vie..."

    Pour les amoureux des mots...

     

     


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  • Tout d'abord, je remercie les éditions Quadrature pour ce partenariat. Cette maison d'éditions ne publie que des nouvelles et elles sont de qualité. C'est on ne peut plus vrai pour ce recueil d'une auteure belge qui m'était inconnue. J'ai vraiment adoré ces nouvelles dont l'enchainement est particulier. 

    L'alphabet du destin

    C'est la première fois, je pense, que je mets 10/10 à un recueil de nouvelles. 

    Je vous explique le fonctionnement de ce recueil : 

    - Tout d'abord, chaque texte commence par un prénom qui reprend les lettres de l'alphabet dans l'ordre chronologique (de Alexia à Zoltan en passant par Benoit, Camille, Didier,...). 

    - Ensuite, chaque texte est amené par le précédent par un personnage qui a un rôle important ou pas dans le précédent. 

    - Il est aussi possible de retrouver un personnage dans un texte plus lointain (par exemple, on trouve déjà Zoltan dans la nouvelle dédiée à Fabian). 

    Me suis-je bien fait comprendre? 

    D'habitude, je ne lis pas un recueil en entier tout à la suite, je lis une nouvelle de temps en temps. Ici, j'ai tout lu en un jour et même comme ça il ne m'a toujours été facile de me rappeler qui était qui. 

    Il ne s'agit pas ici de nouvelles à chutes à qui vont d'ailleurs mes préférences habituellement. Ce sont des textes - extrêmement bien écrits, pas un mot de trop, le souci du détail - qui parlent de vies, de vies différentes, du destin, des événements qui ponctuent une vie : l'amour, l'amitié, le désir ou pas d'avoir un enfant, le harcèlement, la violence parfois, la difficulté d'affronter le quotidien, le métier, les enfants, le ménage, la monotonie de la vie, la dépression parfois, le suicide,...

    Je ne sais pas si j'ai bien vendu ce recueil, mais je le conseille à tous les amateurs du genre. 

    L'auteure

    Liliane Schraûwen est née à Bruxelles en 1946, elle a vécu son enfance en Afrique, au Congo belge. Elle a poursuivi des études de lettres et a exercé plusieurs métiers dont celui d'enseignante et de romancière et nouvelliste. Elle a obtenu plusieurs prix et disctinctions. 

     


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  • Avant de commencer ce livre, je ne connaissais pas Caroline De Mulder, professeure de littérature et écrivain ayant reçu le prix Rossel en 2010 pour "Ego Tango", son premier roman.  

    Elle est aussi l'auteure de "Nous les bêtes traquées" ou "Bye Bye Elvis".

    Née à Gand en 1976, elle réside à la fois à Paris et à Namur où elle est chargée de cours de littérature aux facultés universitaires Notre-Dame de la Paix. 

    "Manger Bambi" est son dernier roman en date. 

    Manger Bambi par Mulder

    Quand un livre me déplait, je fais, en général, l'effort de lire jusqu'à la page 100. Et parfois, ma persévérance paie. 

    Cette fois, je me suis arrêté à la page 40. Ce bouquin m'est tombé des mains ! 

    Mon désistement n'est pas dû à l'histoire qui est sans doute intéressante (Bambi a presque 16 ans, elle a décidé de sortir de la misère en utilisant des sites de "sugar dating", un phénomène assimilé à de la prostitution), mais à cause de l'écriture de l'auteure. 

    Caroline De Mulder a décidé de transcrire ici le langage "jeune" fait de verlan et d'un vocabulaire propre à une certaine classe sociale. Ce récit est, pour moi, tout à fait illisible. J'ai préféré abandonné ma lecture plutôt que d'essayer de déchiffrer les conversations des héroïnes de ce roman. 

    Désolé Caroline De Mulder. J'espère vous retrouver plus tard dans un autre style. 

    Pour plus de renseignements sur le "sugar dating", un terme que je ne connaissais pas du tout, voyez, par exemple, Wikipedia, en tapant "sugar daddy" sur un moteur de recherche. 


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